Archive for the ‘Droit des femmes’ Category

juin
09

:

              Les salariées victimes de discrimination gouvernementale    

        

         Malgré les affirmations solennelles (« à travail égal, salaire égal », « à situation équivalente, traitement équivalent », etc.) et les nombreuses lois votées sur le sujet depuis quarante ans, les femmes, qui représentent 48 % des salariés du pays et qui sont maintenant plus diplômées que les hommes, restent systématiquement désavantagées au plan de leur carrière professionnelle et de leur rémunération.

            Actuellement, en France, la rémunération brute totale moyenne des hommes est supérieure de 37% à celle des femmes (cette différence s’expliquant d’abord par le fait que le temps partiel est moins imposé aux salariés hommes) et, quand on compare les salariés à temps complet dans les entreprises du secteur concurrentiel, on constate que les hommes touchent 23 % de plus que les femmes parce qu’ils bénéficient en priorité des emplois les plus qualifiés et les plus rémunérateurs, des primes, des heures supplémentaires, etc.

            D’une façon générale, à situation équivalente, sans explication rationnelle et en dehors de ces éléments déjà révélateurs d’écarts inacceptables, les hommes gagnent 11,2 % de plus que les femmes, chiffre reflétant sans conteste la mesure exacte des pratiques discriminatoires et des processus inégalitaires à l’œuvre dans notre société.

            Et cette discrimination se poursuit au moment du passage à la retraite puisque non seulement les salariées cotisent sur une base salariale moins élevée mais aussi qu’elles le font  moins longtemps (11 ans de moins que les hommes en moyenne, principalement à cause des enfants), ce qui a pour conséquence que les deux tiers des salariées n’atteignent pas à 60 ans la durée de cotisation exigée. C’est pourquoi leur pension (y compris les bonifications pour enfants et les réversions dont les veuves bénéficient en moyenne pendant 4,8 années) est inférieure de 38 % à celle des hommes.

            Cette différence provient aussi, pour une part importante, de la « décote » (ou « coefficient de minoration par trimestre manquant ») instituée par les « réformes » précédentes du système de retraite.

            Cette « décote » aggrave, pour les femmes retraitées, les inégalités qu’elles ont déjà subies dans leur vie professionnelle.

            Elle est discriminatoire et inconstitutionnelle.

            Une mesure discriminatoire

            Dans le régime général, une salariée née en 1950, dont le salaire annuel moyen sur les 25 « meilleures » années est de 20 000 Euros et qui veut, en 2010, prendre sa retraite à 60 ans en ayant seulement validé 152 trimestres (dont 16 trimestres au titre des deux enfants qu’elle a élevés jusqu’à leur seizième année) au lieu des 162 actuellement requis, se voit appliquer un coefficient de minoration égal à 0,8125 par trimestre manquant (sauf si elle se trouve dans une des exceptions prévues, si, par exemple, elle a élevé au moins trois enfants pendant au moins 9 ans avant leur quinzième anniversaire). Comme il lui manque 10 trimestres (et que ce chiffre est moins élevé que le nombre de trimestres qui la sépare de ses 65 ans) le calcul effectué est le suivant en partant du taux plein (50 %) auquel on applique le taux de décote prévu soit : 0,5 – (0,8125 x 10 / 100) = 0,418. On applique ensuite ce coefficient à son salaire moyen de référence (20 000 x 0,418 = 8360) chiffre que l’on multiplie par 152 / 162 (trimestres validés sur trimestres requis) ce qui donne 7 841 € annuels (montant de pension auquel s’ajoutera la retraite complémentaire). Si sa retraite était calculée au seul prorata des trimestres qui lui manquent, et donc sans décote, elle toucherait 9 380 € (à noter que, pour

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bénéficier du taux plein et toucher 10 000 €, elle doit, dans son cas, travailler deux ans et demi de plus).

            Ce mode injuste de calcul, ces comptes d’apothicaire technocrate, expliquent le chiffre insupportable (déjà mentionné) des femmes à la retraite touchant en moyenne 38 % de moins que les hommes. Ils expliquent aussi que, la décote ne s’appliquant plus à 65 ans, 30 % d’entre elles sont obligées d’attendre cet âge pour partir, contre 5 % des hommes. Et le projet actuel, dont un des objectifs est de repousser l’âge du départ à 62 ou 63 ans, les obligera à attendre 67 à 68 ans pour bénéficier d’une pension sans minoration.

            Cette « décote », qui aggrave la minoration de la retraite pour chaque trimestre manquant, s’applique à tous les salariés, hommes et femmes, pour les inciter à prendre leur retraite le plus tard possible. Mais elle pénalise surtout des millions de femmes puisqu’elle accroit les inégalités dont elles sont déjà victimes.

            Le législateur qui s’émeut régulièrement des discriminations salariales constatées à l’égard des femmes pendant leur vie professionnelle ne paraît même pas se rendre compte de l’incohérence dont il fait preuve en décidant des « réformes » qui les aggravent encore pendant leur retraite.

            D’autant plus que, ce faisant, il bafoue le principe d’égalité et viole la Constitution.

et inconstitutionnelle

            Fièrement inscrit au fronton de la plupart des mairies de France, le principe d’égalité est souvent invoqué en droit constitutionnel ou en droit administratif pour contester une disposition législative ou règlementaire.

            Pour le doyen Vedel, professeur de droit administratif et membre du Conseil constitutionnel à la fin du XXème siècle, « l’égalité est un droit plus fondamental que la liberté parce que l’égalité c’est l’homme lui-même ; elle identifie l’homme » (La Documentation française, 1990).

            Traditionnellement la doctrine distingue trois formes d’égalité : l’égalité « devant » la loi qui place les citoyens dans un ensemble juridique unique et n’autorise pas le législateur à établir des différences entre eux, l’égalité « dans » la loi qui impose à cette dernière de ne pas créer d’inégalités dans les dispositions qu’elle prend sauf si ces dernières correspondent à des situations différentes objectivement vérifiées et enfin l’égalité « par » la loi qui lui permet d’agir en faveur de l’égalité en corrigeant des inégalités de fait.

            Plus simplement et sans trop d’argutie juridique, le principe d’égalité commande au législateur de tenter de corriger les inégalités existantes et, surtout, de ne pas les accroître par le biais de la loi.

            C’est pourtant ce qu’il fait depuis des années avec le mécanisme de la décote.

            On peut donc légitimement se demander pourquoi ces dispositions n’ont pas fait l’objet, après leur vote, d’une saisine pour inconstitutionnalité. La raison en est qu’en 2003, date de la dernière loi sur le sujet, le Conseil constitutionnel considérait que, l’article 1 de la Constitution de 1958 stipulant seulement que « la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » sans mentionner le sexe, l’égalité femme – homme n’entrait pas dans ce qu’on appelle « le bloc de constitutionnalité ». Il ne pouvait donc pas, selon lui, sanctionner une loi sur cette base (ce genre de discussion spécieuse a fait les délices des opposants à la loi sur la parité).

            Mais le 16 mars 2006, dans une décision parue au JO du 24 mars 2006, page 4446, le Conseil constitutionnel a fait expressément référence à l’article 3 du préambule de la Constitution de 1946 repris dans celle de 1958 : « la loi garantit à la femme dans tous les

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domaines, des droits égaux à ceux des hommes ». On peut dès lors considérer que ce principe fait dorénavant partie du « bloc de constitutionnalité » et qu’une saisine du Conseil constitutionnel pourrait donc être effectuée par les parlementaires de l’opposition à l’encontre de dispositions qui sont loin de garantir aux femmes, dans le domaine de la retraite, des droits égaux à ceux des hommes.

            De plus, depuis le 1er mars 2010, tout citoyen a le droit de saisir le Conseil constitutionnel à l’occasion d’un procès (devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale par exemple, pour contestation du montant de sa retraite) et de soulever une « question prioritaire de constitutionnalité » (non pas générale comme pour les parlementaires mais particulière) à l’encontre d’une disposition qu’il considère discriminatoire à son égard et portant atteinte aux droits et libertés que la loi garantit (loi du 23 juillet 2008). Il suffit d’un « changement de circonstances » pour pouvoir le faire même si une saisine parlementaire a été auparavant rejetée et, en cas de succès, les dispositions contestées de la loi sont abrogées pour toutes les personnes se trouvant dans la même situation que le requérant.

            Cette nouvelle possibilité pourrait permettre aux salariées d’obtenir une reconnaissance de leurs droits et ensuite à tous les salariés de continuer (dans la mesure où le Gouvernement s’obstinerait dans son projet malgré les protestations et les manifestations de rejet) à s’opposer sur d’autres motifs aux « réformes » des retraites qui sont totalement inacceptables dans leur ensemble.

            Le projet gouvernemental sur les retraites pénalise en effet non seulement les femmes mais il s’attaque au monde du travail dans son entier en voulant obliger tous les salariés, femmes et hommes, à travailler plus longtemps pour toucher plus tard une retraite moins élevée. Il a pour but de les détourner du système actuel par répartition afin de privatiser ce dernier et de le livrer aux fonds de pension pour augmenter encore les profits des capitalistes qui, en 20 ans, ont accru de 35 % la part qu’ils prélèvent sur les richesses produites par le pays.

            Pour cela une vaste campagne d’intoxication catastrophiste sur le « trou » des caisses de retraites et sur le « péril vieux » a été lancée à grand renfort médiatique, alors même que la durée moyenne des retraites n’est passée que de 13,2 années en ­1963 à 18,1 années en 2008 (soit une augmentation de 5 ans en 45 ans) et que les récentes statistiques de l’Insee montrent que le vieillissement pourrait, en 2050, être moins important que prévu : pour 100 personnes de 20 à 50 ans il n’y aurait à cette date que 69 personnes de 60 ans ou plus, au lieu des 81 annoncées dans les études précédentes.

            Et il ne faut pas exagérer : actuellement, le montant annuel des retraites versées par le régime général du privé est de 247 milliards d’Euros et le besoin de financement en 2010 devrait être de 9 milliards, soit 4 %.

            Plutôt que de s’en prendre aux salariées en rognant leur retraite par un mécanisme injuste de décote, ce besoin de financement pourrait donc être satisfait en ajustant les recettes aux dépenses au moyen d’une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, seule attitude réaliste face à la financiarisation de l’économie.

            Tout ce battage médiatique est en outre d’autant plus exagéré que le déficit des retraites est bien moins élevé que celui de l’Etat, dont le Gouvernement est seul responsable et qui a atteint cette année 149,2 milliards d’Euros (page « A quoi servent nos impôts ? » de la déclaration des revenus 2009), soit 55 % ! Un déficit multiplié par quatre en dix ans (du fait des largesses du pouvoir envers les hauts revenus et les banques, auxquelles il doit ensuite emprunter à prix d’or pour boucler son budget, ce qui leur procure double profit et creuse

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encore plus le déficit) ; un déficit qui affaiblit l’Etat et qui l’empêche de pratiquer une politique économique vertueuse en faveur du plein emploi, seule de nature à permettre, à terme, un financement équilibré des retraites.

            Il serait certainement plus judicieux d’arrêter de gonfler la dette publique, qui, elle, est véritablement catastrophique, en ayant, là aussi, le courage de mettre les revenus du capital à contribution au lieu d’annoncer un plan de « rigueur » inopérant dont le monde du travail va encore faire les frais : actuellement, par an, le montant total des dividendes versés aux actionnaires atteint 167 milliards d’Euros et les cadeaux aux privilégiés (« bouclier » fiscal, niches, réductions d’impôts, etc.) représentent 135 milliards d’Euros. 

            Mais il faudrait pour cela que le pouvoir actuel ne soit pas lui-même au service de ces privilégiés.

                                                                                                                      7 juin 2010     

Jean-Pierre Hue (comité viganais Touche pas à ma retraite, commission formation NPA du Gard).

 

Sources : rapports et études Insee, Dares (Ministère du travail), Drees (Ministère de l’économie), Sdfefh (Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, Secrétariat d’Etat en charge des droits des femmes et de l’égalité), Cnav (Caisse nationale assurance vieillesse), rapport 2010 du Conseil d’orientation des retraites (COR), Journal officiel, recueil des décisions du Conseil constitutionnel.

mai
05


Dans le cadre de l’action nationale « Pas de bébés à la consigne » initiée en septembre 2009,
et qui regroupe des organisations de la petite enfance, des professionnels, des syndicats et des organisations
de parents, le collectif départemental appelle à une

réunion publique
parents/professionnels de la petite enfance/enseignants
Jeudi 6 mai, au lycée Dhuoda, à 17H30.

Les professionnels de la petite enfance sont appelés à la grève et une manifestation régionale, à Montpellier à 15 H,
départ place de la Comédie.

Quelle place pour l’enfant demain dans notre société ?
Cette question est posée à la lecture des différents projets de loi actuels et des prises de parole du gouvernement
et de certains de nos élus.
Depuis pas mal de temps il y a des inquiétudes au sujet des moyens mis en oeuvre pour l’accueil des tout-petits et,
si le constat que les équipements actuels ne suffisent pas est unanime, le projet politique visant à créer des places
d’accueil en limitant strictement les dépenses est inquiétant.

C’est la faiblesse éducative dans la prise en charge des très jeunes enfants qui est mise à mal par le recours massif
aux personnels précaires et peu qualifiés, à la place de professionnels formés, dont les recrutements baissent sans cesse.
C’est la possibilité de scolariser les 2/3 ans à l’école maternelle qui est en train de s’éteindre, faute de recrutement suffisant
des enseignants.
Ce sont les diminutions des taux d’encadrement dans les structures d’accueil :
agrément passant de trois à quatre enfants pour les assistants maternels, volonté du législateur d’augmenter les capacités
d’accueil tout en conservant un nombre de personnels constants, projet de création des maisons d’assistants maternels,
porté par M. Lachaud, que nous dénonçons.
Il y a fort à craindre que, sous prétexte d’augmenter les capacités d’accueil des très jeunes,
on se contente d’entasser les enfants au mépris des progrès réels en matière d’éveil de l’enfant, de socialisation et de prévention,
que les professionnels portent depuis de nombreuses années.

Nous espérons que les projets actuels et à venir ne réduiront pas les métiers de la petite
enfance « à changer des couches » !

pour le collectif départemental « pas de bébés à la consigne »
Emmanuel BOIS
06.76.46.85.49

mai
03


Samedi 8 mai
à Vers /Pont du Gard, de 9h30 à 17h

Celle ci se déroulera de 9h 30 à 17H, inscrivez vous sans tarder(npa30uzege@laposte.net). La journée, bien sûr est mixte,elle est ouverte aux militants et sympathisants du NPA du Gard et des ville proches. Elle sera animée par des camarades de Nimes et  d’Uzege.